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A la recherche des Etrusques...
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Le jugement de Pâris

Le jugement de Pâris

 

   L'interprétation des mythes grecs par les Etrusques est riche d'enseignement.

    L'observation des plaques peintes Campana de Cerveteri a permis de repérer certains aspects du mythe d'Alceste retenus ou négligés par les peintres cérétains pour s'adapter à leur clientèle; les choix qu'ils ont faits révèlent les goûts des Etrusques de l'époque, sachant combien ils aimaient les images et les couleurs illustrant les légendes transmises. C'est ainsi que l'histoire de l'art étrusque s'enrichit et s'inspire de l'iconographie grecque sans jamais perdre sa personnalité, son originalité, toujours fortement soumises à leurs croyances religieuses.

  Qu'en est-il du Jugement de Pâris "entraperçu" par l'interprétation cérétaine des plaques peintes Boccanera ?

Une vision étrusque du Jugement de Pâris au VIè s. av. J.C. (plaques Boccanera)

Une vision étrusque du Jugement de Pâris au VIè s. av. J.C. (plaques Boccanera)

La légende où l'on retrouverait les principaux intervenants, est présentée ici en deux scènes, deux cortèges de femmes :

A gauche, celui des trois déesses en compétition (Athéna, Héra, Aphrodite) derrière Hermès, messager des dieux qui s'adresse à Pâris pour qu'il désigne la plus belle...

A droite, les suivantes d'Hélène (cadeau d'Aphrodite à Pâris pour le remercier de l'avoir désignée) ; celle-ci se prépare et ajuste sa ceinture...

 Interprétation toujours contestable mais retenue comme étant la plus plausible actuellement...

Une autre vision étrusque de la légende, deux siècles plus tard...

 

Stamnos étrusque à figures rouges (34,3 x30,9 cm) IVè s. av. J.C. Peintre de NEPI) Genève

 

 Le jugement de Paris : Autre époque, autre support, autre peintre, autre style...

L'évolution du style est surprenante : l'imagerie Boccanera reste marquée d'un archaïsme assez naïf mais charmant... ; celle de ce stamnos est maintenant présentée dans un décor fortement hellénisé. On reconnaît facilement les différents intervenants : Hermès et Pâris au centre; Aphrodite à droite; Athéna et Héra à gauche. Leurs attributs sont nettement signifiants et permettent une compréhension immédiate de la scène.

  😄    Il faut cependant noter l'étrange tenue vestimentaire de Pâris (beau prince troyen certes mais simple berger ici avec son chien aux pieds) : Pâris apparaît étrangement efféminé dans son collant bariolé d'un excès de motifs indéfinissables...N'a-t-il pas même une jupette ?  Il tourne la tête (coiffée d'un couvre-chef improbable) vers Hermès et désigne d'un geste gracieux, Aphrodite (Eros volant derrière elle)...

Le mythe illustré par un peintre athénien  du VIè s. av. JC. :

Amphore attique en céramique à figures noires du VIè s. av. J.C. (36x23,4 cm) Musée des Bx-Arts de LYON . Peintre de Londres

    Les 3 déesses, une couronne à la main droite écoutent sagement l'entretien d'Hermès et de Pâris...Elles portent de jolis himations à tissus bien différenciés. Les personnages sont figurés de profil (époque archaïque). Hermès (pétase, caducée et chausses à ailettes) explique sans doute à Pâris qu'il doit désigner la plus belle des trois divinités... 

 

Sur une amphore étrusque du peintre de Paris :

 

Le jugement de Pâris sur une amphore étrusque du Peintre de Paris (vers 530 av. J.C.) Staatliche Antikensammlungen à Munich.

Hermès conduisant les 3 déesses (Héra (?), Athéna et Aphrodite (?) au jugement de Pâris

Remarques :

Notons le mouvement très curieux (et presque comique) d'Hermès qui se retourne vers la première déesse ! Que peut-il bien lui dire ?

Qui est le premier personnage à barbe et cheveux blancs tenant aussi un caducée ?

Où est Pâris ?

  On retrouve ici avec plaisir toute la fraîcheur et la fantaisie de la peinture étrusque archaïque...

   Puisqu'il faut bien se résoudre à limiter notre recherche sur le mythe du Jugement de Pâris, ses exploitations, ses interprétations, voici une dernière présentation :

 

Exaleiptron attique à figures noires (boîte tripode à onguents) du VIè s. av. J.C. Musée du Louvre.

 

  Sur cet étrange vase en forme de boîte venant d'Athènes, Hermès invite les 3 déesses Héra, Athéna et Aphrodite aux riches tenues chamarrées à se regrouper pour être présentées à Pâris...

Curieusement, Pâris s'enfuit (à l'extrême droite), retenu par une divinité (une couronne dans la main droite mais non identifiée) ! Humour grec ? 

 

A bientôt ...