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A la recherche des Etrusques...
A la recherche des Etrusques...
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Epitaphes  (1)

Epitaphes (1)

 Présence de numéraux dans les épitaphes

     Parmi les inscriptions funéraires figurant sur les sarcophages, les urnes ou les parois de tombes, il n'est pas si simple de trouver des épitaphes porteuses de numéraux spécifiant par exemple l'âge du défunt. 

  Il semble bien que l'artisan (ou le scribe) auteur du libellé en lettres n'ait pas toujours été habilité à écrire aussi des chiffres (les codes sont différents et nécessitaient peut-être une spécialisation (?). Par ailleurs, seules les familles fortunées pouvaient s'offrir ce luxe, d'où l'importance du nombre de supports funéraires anépitaphes (surtout pour l'époque archaïque). A partir du Vè  jusqu'au IIè s. av. J.C. (époque récente) les inscriptions sont beaucoup plus précises...

 

L'urne de la jeune CEICNA

Urne en albâtre de Volterra (IIè s. av. J.C.) Musée du Louvre

    Urne en albâtre dont le couvercle figure une jeune femme à-demi allongée, tenant dans une main un miroir dans un écrin ouvert et dans l'autre, une grenade.

    La cuve est ornée d'un très rare haut-relief sculpté par le maître de Myrtilos, évoquant la légende d'Oenomaos, roi de Pise (en Elide) qui fut massacré lors d'une course de chars l'opposant à Pélops, venu demander la main de sa fille Hippodamie.

    L'épitaphe révèle son appartenance à une célèbre famille de l'aristocratie volterrane : la gens des CEICNA, très prolifique (dont un autre membre, Aulus Caecina, fut défendu plus tardivement par Cicéron (dans le Pro Caecina en 69 av. J.C.) 

Les inscriptions

Il faudra se familiariser avec la formulation courante de l'épigraphie funéraire !  😘

 

 

Sur le couvercle on lit de droite à gauche : "L : CEICNEI ...RIL . XXV"

L'inscription, en partie lacunaire, a été  traduite par Dominique Briquel :

La lecture est rendue difficile par le nombre d'abréviations : 

pr. (Pren(.)rei) pour le cognomen de la défunte

a.  (pour aules /Aule, le prénom du père, fille d'Aule)

La jeune défunte Larthi âgée de 25 ans  ( pour rill (âgé de) xxv, le nom de l'année avil étant sous entendu conformément à un formulaire courant dans l'épigraphie funéraire étrusque). 

Le matronyme pose problème, sachant que la famille comprenait des Ceicna Pren(.)ra, Ceicna Caspu, Ceicna Tlapuni, Ceicna Selcia, Ceicna Fetiu... Peu importe ici : c'est surtout de comprendre la formulation étrusque de l'âge de la défunte qui nous intéresse ! 

Deux ouvrages récents en français pour comprendre la formulation des épitaphes ou des inscriptions :

Les Etrusques en toutes lettres. Ecriture et société dans l'Italie antique (Collectif Silvana Editoriale, 2016)

 

Catalogue des inscriptions étrusques et italiques du musée du Louvre (Dominique Briquel, Louvre Editions, 2016)

 

 

A SUIVRE