
Nous fêtons aujourd'hui la Journée internationale des droits des femmes et mon dernier billet présentait LARTHI....Profitons de cette opportunité pour en savoir un peu plus sur cette femme étrusque et sur son statut dans une société archaïque.
Les familles ressemblaient sensiblement à celles des Grecs et des Romains. Grâce aux épitaphes nous connaissons les époux ( TUSURTHI ), l'épouse ( PUIA ), le fils ( CLAN ), la fille ( SEC ), le grand-père ( PAPA ), la grand-mère (ATI NACNA-mère chérie-), le frère ( THUVA ), le neveu ( PAPAKS ), le petit-fils (NEFS ), l'arrière petit-fils ( PRUMATHS ) etc.
(cf. La vie quotidienne chez les Etrusques de J.HEURGON. 1961. )
La femme étrusque pourtant avait certains privilèges qui nous étonnent aujourd'hui et que nous avons découverts grâce aux inscriptions et aux fresques funéraires.
Tout d'abord dans l'état civil, elle porte un prénom ( RAMTHA, TANAQUIL, FASTI, LARTHI,VELIA,...) que l'on retrouve à côté de celui du père, indiquant la filiation maternelle complète.
Par exemple:" Larth Arnthal Plecus clan Rhamthasc Apatrual," c'est-à-dire :Lars, fils d'Arruns Pleco et de Ramtha Apatriona.
C'est ainsi que l'empereur Claude (Ier.s.av.J.C.) dont nous reparlerons car il était encore capable de lire l'étrusque, a appris qu'il avait une belle-soeur étrusque :
" Vibia Marsifilia Laelia nata", c'est-à-dire Vibia, fille de Vibius Marsus, née de Laelia. Le matronyme vient certes en second lieu mais il n'est pas omis comme chez les Romains.On peut donc penser que la femme avait droit à une certaine considération, même s'il ne s'agit pas d'une "filiation utérine" comme dans la société matriarcale lycienne par exemple, ( les Lyciens d'Asie Mineure se désignaient par le nom de leur mère et non par celui de leur père.)
Autres constats: La femme étrusque ne vivait pas dans une communauté de femmes (comme chez les Grecs,les Arabes ou les Celtes ). Il n'y avait pas de mariage entre frère et soeur ni de polygamie. Alors que la femme grecque vivait dans le gynécée et la romaine dans sa maison, l'Etrusque sortait beaucoup, prenait part à des banquets en joyeuse compagnie de jeunes hommes, dansait, jouait d'instruments et participait aux jeux athlétiques qu'il lui arrivait même de présider. Bref, elle participait à toutes les manifestations de la vie publique, ce qui explique qu'elle ait été très jalousée, alimentant ainsi bon nombre de médisances chez les Grecs ou les Romains qui désapprouvaient une telle liberté et la traitaient de dévergondée ou pire, de prostituée !
C'est ainsi que Plaute ( auteur comique du IIIème s.av.J.C), faisait écho à Aristote et à Théopompe ( respectivement philosophe et historien grecs du IVè s.av.J.C.)
Théopompe, justement, qui fut pourtant le premier à mentionner explicitement les Etrusques ! Comment prêter l'oreille aux propos médisants de cet historien qui affirmait dans sa Paphlagonie que toutes les perdrix avaient deux coeurs et que les lièvres avaient deux foies ! ( Rions un peu !)
Nous verrons bientôt le rôle et l'autorité politique de notre femme étrusque.