L e monde funéraire...Une source infinie d'informations sur le quotidien des Etrusques...
Salles d'exposition du Musée Marius Vazeillles à Meymac.
Pour la didactique, les objets présentés s'inscrivent dans les rubriques classiques de la vie quotidienne des Etrusques : écriture, toilette, religion, céramique, urnes, etc. Leur liste complète figure dans le catalogue de l'exposition. Aucun n'est inédit mais il est toujours émouvant de les VOIR même s'ils sont pour la plupart sous vitrines et ne peuvent être photographiés...
Comme il a été dit, la grande majorité d'entre eux viennent des musées de Chianchiano Terme et de Sarteano (région de Chiusi). A peine une dizaine a été prêtée par le Louvre.
Je me propose de vous en montrer quelques-uns en me servant de ma propre documentation et des ressources internet; un accès aléatoire et non exhaustif donc...
Une pièce conséquente s'impose dès l'entrée :
Un grand couvercle d'urne funéraire (2.36x1.80) qui n'est qu'une copie en pierre fétide provenant de la nécropole de la Pedata près de Chianchiano Terme.
Deux personnages, un homme à droite, une femme à gauche semblent converser pendant un banquet funéraire, installés sur une kline. Leurs coiffures frisées et élaborées sont identiques.
L'homme à belle carrure, le défunt sans doute, est torse nu, à demi couché, le bras gauche accoudé sur deux coussins, l'autre tendu vers l'avant...mais on ne situe pas très bien le reste de son corps...
La femme, identifiée par ses grandes ailes, est Vanth, divinité psychopompe des enfers, messagère de la mort. Dans sa main droite elle tient le rouleau du destin. Sa poitrine est opulente sous le chiton plissé; elle écoute avec attention les propos apaisés du défunt (non identifié). Remarquons que la tête de cet homme est amovible et paraît donc rapportée...Elle dissimule sans doute un habitacle contenant ses cendres (?) tout comme la statue funéraire de la Mater Matuta de la même époque, du même musée et peut-être du même sculpteur (?) .
Autre pièce remarquable : la reproduction de la fresque décorant la tombe découverte en 2003 lors d'une campagne de fouilles menée par le musée de Sarteano et le groupe archéologique Etruria , la devenue fameuse tombe du Quadrige infernal*.
* voir aussi notre article du 25 nov. 2015.
Trouvée lors d'une campagne de fouilles menée par le musée de Chianchiano et le groupe archéologique Etruria, cette tombe de deux hommes (père et fils ?) dans la nécropole des Pianacce se trouvait à 5 m de profondeur dans du travertin avec un dromos de 20 m de long. Sa décoration est tout à fait impressionnante et l'on imagine la surprise des découvreurs en voyant surgir cette fresque haute en fraîches couleurs, si originale !
Deux lions et deux griffons traînent un char à deux roues, aiguillonnés par une créature infernale à figure démoniaque, identifiée comme étant Charun, divinité des Enfers, entraînant les âmes des deux défunts vers le monde des morts ! Vision dantesque !


C'est surtout l'expression farouche ou féroce de Charun-aurige qui nous effraie, une canine apparente, chevelure au vent, fonçant tête baissée...le tout renforcé par son ombre en second plan...L'aurige de l'Erèbe accomplit son travail avec diligence et détermination sans la moindre pitié pour ces défunts impuissants...Oui, la mort et l'inconnu de l'au-delà font peur aux Etrusques comme à chacun d'entre nous...
La fresque est bordée de frises, une frise de grecques en haut et de dauphins plongeurs en bas, ceux-ci, pleins de vie, symbolisent pourtant le passage dans le monde des morts !

Mais une autre fresque terrifiante nous attend dans cette tombe : celle du serpent tricéphale très menaçant (deux gueules ont même des dents !), aux crêtes rouges, aux barbiches pointues, au corps musculeux en orbes onduleux...
Ces représentations illustrent bien le monde infernal de l'imaginaire étrusque des Vème et IVème s. av. J.C.
Juste derrière la fresque du quadrige, on aperçoit les portraits de deux hommes non identifiés mais l'un au teint plus sombre paraît plus âgé, ils semblent entretenir une tendre conversation (un père et son fils ou deux amants ?)

Ajoutons la photo in situ du sarcophage en albâtre gris du personnage de droite, allongé sur son lit funéraire...

Enfin une dernière belle apparition de créature funéraire caractéristique de l'imaginaire étrusque : celle d'un triton hippocampe ...(juste au-dessus du sarcophage précité)

A SUIVRE