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A la recherche des Etrusques...
A la recherche des Etrusques...
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Décor de miroir

Décor de miroir

Miroir étrusque (Vè s. av. J.C.) British Museum, collection Hamilton.

 

Une énigme de plus...

      Encore déçus par les explications furtives face à l'abondance des hypothèses fantaisistes émises de longue date par les iconographes de tout poil (au demeurant fort respectables), nous voici à nouveau en présence d'une représentation toute aussi déroutante que celle des plaques peintes Campana de Cerveteri.

   Notre curiosité sera de nouveau sollicitée mais sera-t-elle satisfaite ?

 

     Deux personnages à identifier

        Leurs membres sont entremêlés. Un homme empoigne une femme et tente de la soulever pour l'enlever (ou pour la soulever de terre) : étrange combat, inégal s'il en est un...

        A l'arrière gauche, un carquois et des flèches. L'homme porte sur le dos une peau de lion aux pattes nouées autour du cou (la léonte) et tient une massue qu'il aurait pu brandir. Hercule (Hercle) est vite identifié. Entre ses pieds, une inscription : herecele,  en confirmation. 

        La femme, saisie par la taille a perdu pied. Elle s'appuie de la main gauche sur la tête de son ravisseur (ou de son sauveur ?).  Elle est coiffée d'un diadème et vêtue d'une tunique et d'un himation au tissu transparent. Sous ses pieds, une autre inscription : mlacuch  qui pose problème. Ce mot reste pour l'heure un UNICUM. 

On ne peut identifier cette femme qu'Hercule emporte à la façon d'Alceste au sortir des Enfers...

     C'est ainsi que la signification de cette scène de lutte (qui n'en est peut-être pas une !) nous échappe encore ...Trop nombreuses restent encore les savantes interprétations autour des légendes herculéennes. Par exemple, Denise Emmanuel-Rebuffat dans Rencontres de l'Ecole du Louvre (1997) présente avec nuance quelques iconographies étrusques héritées des mythes grecs dont l'élucidation reste permanente...Certes, le mot mlacuch est intraduisible mais il faut garder à l'esprit le fait que les artistes étrusques ne copiaient pas les Grecs, ils admiraient mais adaptaient leurs oeuvres, ce qui en fait d'ailleurs tout le charme et l'originalité...

       Contentons pour l'heure d'apprécier avec quelle habileté le graveur a inséré la scène représentée dans la contrainte d'un espace circulaire !