Nous sommes en vacances !
Et malgré la canicule, allons visiter la plus grande, la plus ancienne (1761) collection mondiale d'urnes funéraires étrusques du Musée GUARNACCI à VOLTERRA (la VELATHRI de la dodécapole) : six cents urnes en albâtre (pierre locale), en tuf, en terre cuite, en travertin ou en pierre fétide !
Tant de pièces exceptionnelles à découvrir ! Tant de salles sur plusieurs étages ! Impossible de tout voir en une seule fois...Il faudra y revenir...
Voici l'urne complète (couvercle et cuve sculptée en bas-relief) présentée au musée, à titre d'exemple typique du territoire de Volterra (fort différent de l'Etrurie méridionale...)
Remarque :
Il arrive très souvent que le couvercle ne corresponde pas au coffre...Peut-être était-il déjà fabriqué du vivant de la personne (sorte de portrait) auquel on associait le coffre choisi avant ou après le décès par la famille ou l'atelier (?)L'ensemble mesure environ une soixantaine de centimètres de longueur et paraît parfois curieusement assorti et grotesquement raccourci...
Description :
Le couvercle :
La défunte est à demi allongée en attitude de banqueteuse, accoudée sur deux coussins, une patère rituelle (coupe à libations) à la main; elle est richement vêtue d'une tunique ceinturée à la taille avec bretelles et galons, parée de ses bijoux (collier, bracelets, bagues, boucles d'oreilles); un drapé lui couvre la tête et le bas du corps; elle appartient sans doute à une famille de haut rang, d'époque hellénistique (entre le IVème et le IIème s. av. J.C. )
Le coffre :
Une scène violente illustrant un épisode célèbre du mythe grec d'Actéon, petit-fils d'Apollon, orgueilleux chasseur transformé en cerf par la déesse Artémis (alors qu'il l'avait surprise nue dans son bain) et dévoré par ses propres chiens...
Commentaire :
Nous avons la chance d'avoir au musée du Louvre cinq urnes cinéraires de même époque et de même type provenant aussi des fouilles de Volterra menées en 1762-1763 par Giovacchino Sermolli puis rachetées par la suite à Giuseppe Micali...
Quel est l'intérêt de cette comparaison ?
Disons que les deux urnes se complètent par certains détails car si les deux défuntes du couvercle ont la même posture, la même noblesse de traits du visage, la même élégance vestimentaire et de parure, celle du Louvre présente dans la main droite un étui à miroir et une grenade (fruit symbole de fertilité et d'éternité) dans la main gauche, main fine aux doigts effilés spécifiquement étrusque. Le socle du couvercle porte une inscription en partie déchiffrable qui révèle que Larthi Ceicna (Caicina) est morte à 25 ans...On sait qu'elle appartenait à une grande famille très connue de l'aristocratie de Volterra et transmettra son gentilice à ses trois fils...
La photo du coffre montre l'un des côtés où figure en relief un grand vase orné de feuilles d'acanthe.
La face principale illustre en haut relief, la légende d'Oenomaos, roi de Pise (en Elide); rappelons que cette course de chars n'aurait jamais été traitée dans l'iconographie grecque !
OENOMAOS (un genou à terre au centre de la composition avec épée et bouclier), est le fils d'Arès et de la Pléiade Stéropé.
Sa fille Hippodamie, très jolie, avait de nombreux prétendants mais son père refusait de la marier car un oracle lui avait annoncé qu'il mourrait juste avant le mariage. Le roi décida d'accorder la main de sa fille au candidat qui le battrait à la course, sachant que les chevaux de son char, donnés par son père Arès, étaient imbattables.... Il vaincra en effet plusieurs candidats... Seul, Pélops (qui donnera son nom au Péloponnèse) sabotera le char du roi avec la complicité du cocher Myrtilos (amoureux d'Hippodamie).
Oenomos sera tué dans cette course acharnée.
L'artiste, auteur de cette composition dramatique et originale à plus d'un titre, sera appelé le "Maître de Myrtilos".
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Pelops sur son char avec Hippodamie, la fille du roi Oemanos qu'il a vaincu à la course (Photo. AKG.Paris dans GEO HISTOIRE 2008)
Il nous faut maintenant revenir au musée Guarnacci où d'autres urnes surprenantes nous attendent...
A SUIVRE