De 1616 à1619
Pendant qu'il est en Toscane, professeur à l'université de Pise, Thomas, sous la protection du grand-duc Côme II, doit répondre à la demande de recherches sur les Etrusques de son employeur qui a lui-même reçu cette commande du Vatican...
Il s'agit de mettre à jour les recherches disparates sur cette civilisation et d'établir un bilan des trouvailles archéologiques, agrémenté des références d'auteurs grecs et romains...Vaste programme pour le jeune savant !
Ce travail dont on imagine mal l'ampleur, a été exécuté en trois ans, en latin, et remis au demandeur. Il a été par la suite curieusement trop longtemps délaissé jusqu'au moment où l'anglais Thomas Coke, en possession du manuscrit, réussit à le faire publier en 1723 avec l'aide de Filippo Buonarotti (famille de Michel-Ange), illustré de nombreuses gravures sur cuivre...
Quelques remarques...
On peut facilement imaginer aujourd'hui, les difficultés de traduction de ces sept livres en latin du XVIIè siècle (des milliers de pages !) par les intervenants savants de l'époque...
On peut aussi s'étonner des propos méprisants de l'étruscologue italien Massimo Pallottino qui, en 1985 (l'année étrusque !), dans un article de PERSEE, traite de "rêveries", la teneur des révélations de Dempster dans son ouvrage !...Certes, la position de scientifique italien qu'il revendique peut expliquer cette mise à distance du fantasque écossais mais tout de même, l'entreprise et la réalisation du travail de commande imposé à Dempster mérite un peu plus de considération, non ? 🤔
Comment expliquerait-on alors sa réputation et la reconnaissance des étruscologues des siècles suivants ?
Revenons à l'ouvrage de notre écossais dont il ne reste qu'un exemplaire original accessible à la Bibliothèque nationale d'Ecosse à Edinbourg.
Il faut savoir qu'il n'existe pas de travaux critiques de cet ouvrage. Impossible par ailleurs d'en résumer le contenu des deux volumes...Mais alors quelles informations révèle la patiente étude de l'auteur sur les Etrusques en ce début du XVIIè s. ? Quelles sources aurait-il utilisées, lui qui n'a jamais participé à aucune fouille archéologique ?
Qu'il nous suffise donc de suivre modestement les indications du contenu de quelques chapitres pris au hasard d'un article bien documenté de Jean Berton (université de Toulouse Jean Jaurès) dans CALIBAN (Journal français d'études anglaises, Open Edition) https://journals.openedition.org/caliban/4576
Certes, l'article est conséquent mais les réponses aux questions posées vont satisfaire les plus curieux s'ils se contentent de lire en priorité : "DE ETRURIA REGALI LIBRI SEPTEM : Un chef d'oeuvre"...
Non, Thomas Dempster n'a pas perdu son temps en Toscane !
Bonne lecture !
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