Il n'y a pas que les découvertes archéologiques récentes qui suscitent le renouveau d'intérêt pour la civilisation étrusque !
Nombre de chercheurs hauts en couleurs se sont passionnés au fil du temps pour son étrange destinée et tous ne sont ni historiens ni archéologues directement concernés par l'arrivée des Etrusques vers le IX ème s. av. J.C en Italie puis leur disparition au Ier-II ème siècle de notre ère...
Leur héritage fut omniprésent pour les Romains d'hier et d'aujourd'hui et continue de hanter les esprits les plus curieux de nos contemporains; l'histoire officielle de leur "passage" millénaire (vu leur séjour relativement court après celui des Villanoviens proto-historiques) ne lasse pas d'intriguer les étruscologues déconcertés par leur art de la divination : ce peuple dit "mystérieux"avait en effet prévu sa disparition et donc celle de sa langue élaborée depuis le VIIIè s. av. J.C. grâce à l'alphabet grec...
THOMAS DEMPSTER, au XVIè siècle, est l'une de ces personnalités qui s'est attachée à observer et à suivre la trace des Etrusques, grâce aux documents dont il disposait à l'époque...Lui aussi mérite notre considération...
C'est en relisant le début du petit ouvrage si précieux de Jean-Marc Irollo (historien français d'origine toscane, disparu en 2020) : Petite histoire des Etrusques (Collection Tempus, 2010) que l'on découvre quelques détails surprenants de sa biographie.
La couverture présente deux figurines longilignes en bronze de devins étrusques du IIIè s. av. J.C. (Musée de la Villa Giulia à Rome)
Court ouvrage de 200 pages, sans illustrations, dont les six chapitres sont efficacement consacrés à la civilisation étrusque...
Thomas DEMPSTER (1579-1625)
Ce n'est pas un italien mais un écossais né près d'Aberdeen qui, grâce à la protection des Médicis (les grands Ducs d'Etrurie) a vraiment inauguré la Renaissance étrusque par ses recherches entre 1616 et 1619, quand il enseignait le droit civil à l'Université de Pise. : De Etruria Regali libri septem (Du royaume d'Etrurie en sept livres, 1723)
L'ouvrage, en latin, ne sera publié à Florence qu'après sa mort entre 1725 et 1726 (2 volumes) sous Côme III de Médicis (1642-1723)
L'éditeur scientifique: Thomas Coke (1697-1759)
Le graveur : Vincenzo Franceschini (1680-1744)
C'est à lui que fut dédiée la publication à Florence de l'oeuvre de Thomas Dempster entre 1725 et 1726.
Quelques précisions biographiques sur Thomas Dempster, un enseignant-chercheur-voyageur-étruscologue très actif du XVIè siècle...
Un personnage plutôt original dont l'intervention va faire évoluer la recherche étrusque et sur lequel on aimerait en savoir plus..., encore faut-il pouvoir le suivre !
24ème enfant d'une famille de 29, Thomas est étudiant à Paris où il se fait remarquer pour ses compétences intellectuelles remarquables mais malheureusement victime d'une épidémie de peste... puis, avec le soutien des Jésuites (Thomas est catholique), le voici à Louvain où il rencontre le prestigieux JUSTE LIPSE ...Rentré en Ecosse, il se met à dos les autorités de son université pour avoir publié un pamphlet à l'encontre de la reine Elisabeth Ière qu'il détestait.
A 20 ans, on le retrouve lecteur à l'Université de Tournai puis docteur en droit canon à Paris. Suivons-le, enseignant à Toulouse où il se fait exclure de l'université par son arrogance puis à Nîmes et même en Espagne ! A la suite d'une querelle, il rentre en Ecosse pour retrouver sa famille avec laquelle il se fâche...(vers 1615); il voudrait obtenir un poste à la hauteur de ses talents mais le clergé anglican s'y oppose, vu sa persistance dans le catholicisme.
Il se marie avec une anglaise avant de partir pour Rome où le pape Paul V le présente au duc de Toscane Côme II de Médicis qui le nomme professeur de droit civil à l'université de Pise.
Par malchance, les frasques répétées de son épouse l'obligent à démissionner alors qu'il est au sommet de sa carrière universitaire....On le retrouve maintenant professeur d'humanités à l'université de Bologne...
Pendant son séjour en Toscane, il n'oublie pas l'Ecosse et publie : Les personnalités illustres d'Ecosse. Puis, Les Antiquités romaines. Le pape Urbain VIII, grand mécène, le nomme chevalier et lui alloue une pension (vers 1623) mais il n'en profitera pas car sa femme, une fois de plus, s'est enfuie avec l'un de ses étudiants... C'est en la poursuivant qu'il est pris d'une de ces mauvaises fièvres (malaria ?) qui sévissent alors à Rome, qu'il va trouver la mort (en 1625).
A SUIVRE (ses travaux sur les Etrusques...)