Rien de plus irritant que de ne pas pouvoir déchiffrer une inscription étrusque... Certes on peut parfois la lire mais la comprendre puis l'interpréter représentent deux stades différents, deux écueils à franchir : tâche déjà ardue pour les épigraphistes chevronnés ...
Statuette de chien en bronze du IIIè s.av.J.C .(104x108cm). Musée archéologique de Florence. Provenance : Cortone (?)
Elle aurait appartenu à la collection des Médicis...
Il faut la lire de droite à gauche et connaître l'alphabet étrusque des différentes époques et ce n'est pas une sinécure !. Le déchiffrement lettre après lettre aboutit en effet à une suite qui laisse perplexe, traduisible mais incompréhensible sans plus amples connaissances :
s : calustla consiste en deux termes : s et deux points : puis calustla, selon une épigraphiste italienne qui explique:
"s : identifie en l'abrégeant le nom Selvans, une divinité habituellement protectrice des bois et forêts qualifiée pourtant ici de "calustla" , calu étant un dieu appartenant au monde infernal..."
(!).Vous suivez ? Moi, pas toujours !.. Selvans, divinité des bois, appartiendrait aussi au monde des morts ? Serait-ce une divinité binaire ?
Il faut savoir qu'en effet, Silvans peut avoir une connotation infernale, comme on peut avoir un Tinia (roi des dieux comme Zeus ou Jupiter) qualifié de "Calusna" ainsi que d'autres dieux..(.Le suffixe -na indiquant une possession "qui appartient à Calu"). Ces considérations nous entraînent déjà trop loin...
Cette inscription serait en fait une dédicace qui servait à consacrer une offrande funéraire à la divinité Selvans que nous avons déjà présentée dans un article du 26 mars 2015 (Le sanctuaire de Portonaccio. Autres divinités.) avec les illustrations de Culsans et de Selvans, en statuettes votives...
Vous constatez déjà combien les traductions et les interprétations sont aléatoires et prêtent à caution même pour une inscription aussi courte...
Nous verrons en effet que nous arrivons à lire l'étrusque issu en grande partie de l'alphabet grec, mais la langue elle-même, isolée, n'est toujours pas comprise car le monde étrusque et ses subtilités épigraphiques nous échappent encore aujourdhui...
Nous aurons bientôt d'autres occasions de déchiffrer quelques inscriptions sur des objets déjà connus et présentés dans ce blog mais dès maintenant voici l'alphabet que j'utilise le plus couramment:
Aiguillonnés par notre insatiable curiosité, nous rencontrerons aussi d'autres alphabets de langues anciennes, car il va bien falloir occuper ces trop longs mois d'hiver qui se prépare...
A bientôt !