Mécène, que nous savons protecteur des lettres et des arts, aimait tout ce qui est beau et précieux; qu'il nous suffise de lire cet extrait d'une lettre que son ami, l'empereur Auguste lui adressa, pour saisir les préoccupations du personnage : "Salut, ébène de Médullia, ivoire d'Etrurie, silphium d'Arezzo, diamant de Superna, perle du Tibre, émeraude des Cilnii, jaspe d'Iguvium, béryl de Porsenna, rubis de l'Adriatique, escarboucle de l'Italie ou, pour tout dire d'un mot , matelas des courtisannes (...)". Auguste sait parfaitement que Mécène est un original à la recherche de pierres précieuses et de matières rares et il le raille tendrement... Il est vrai que l'esthète Mécène ordonna toute sa vie comme une oeuvre d'art ...
SON ART DE VIVRE DANS SON DOMAINE DES ESQUILIES : cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jardins_de_M%C3%A9c%C3%A8ne
Mécène engagea des travaux considérables pour habiter dans un domaine construit sur l'ancien cimetière de la porte Esquiline (il n'était pas supersticieux ! ) au milieu de merveilleux jardins agrémentés de jets d'eau et de fontaines (cette résidence deviendra à sa mort propriété impériale). Il aimait la vie qu'il y menait dans cette nature d'exception, seul ou avec ses amis poètes, restant discret sur l'intimité qu'il entretenait dans ce cercle d'épicuriens qui fréquentaient les luxueux jardins des Esquilies, loin de la "foule profane" (cf. Horace , Livre III, ode 1, vers 1 : "Odi profanum vulgus et arceo" Je hais la foule profane et je la repousse...)